Directions.fr : Le site des directeurs et cadres du secteur social et médico social

Formation des directeurs et cadres
Formation et qualification, une ardente obligation

13/05/2013

La professionnalisation reste un enjeu pour les directeurs et cadres face aux mutations en cours dans le secteur social et médico-social. En matière d'offres, ils ont l’embarras du choix.

Réglementation pointilleuse et abondante, nouvelles coopérations, politiques publiques complexes… C’est dire si ces dernières années le secteur est confronté à de multiples transformations face auxquelles les directeurs et cadres doivent, plus que jamais, être outillés. Car ces mutations ne sont pas sans conséquence sur la réalité et l’étendue de leurs missions… Donc sur leurs besoins en matière de professionnalisation et de formation.

Première évolution notable : les organigrammes des structures, qui, sous l’influence des phénomènes de mutualisation et de regroupement, ont largement évolué ces dernières années. Une tendance dont témoigne l’enquête emploi de l’Observatoire et de l’organisme collecteur Unifaf (2012) : dans la branche associative sanitaire et sociale (Bass), les directeurs généraux (DG) et leurs adjoints ont vu leur nombre exploser en cinq ans : + 75 %  (contre + 10% pour les managers d’établissements). « Face au modèle du “directeur châtelain” omniscient, les associations ont grossi et se sont structurées, analyse Philippe Gaudon, directeur régional Ile-de-France de la Croix-Rouge française. Ainsi, en mettant en place des directions générales, elles se sont adjoint de nouvelles compétences (en communication, ressources humaines…). C’est le métier même qui s’en trouve modifié. »  « Même s’il pilote plusieurs structures, le directeur aura ainsi probablement moins à gérer des aspects d’analyse financière par exemple, complète François Noble, directeur de l’Association nationale des cadres du social (Andesi). Ce souvent au profit d’un renforcement de ses compétences managériales. »

Un double défi

Autre enjeu prégnant : la pyramide des âges et la vague imminente des départs à la retraite. 34 % des directeurs d’établissements et 42 % des DG de la Bass ont aujourd’hui plus de 55 ans. Tendance identique dans la fonction publique territoriale [1] : en 2011 déjà, 75 % des recrutements prévus au sein des équipes de direction entendaient répondre aux départs dits définitifs, notamment en retraite. Le manque de bras se fait d’ores et déjà sentir.

Le secteur doit donc à la fois permettre l’évolution en interne de cadres susceptibles, à l’issue d’une formation continue, de prendre la tête de structures, mais également attirer à lui de nouvelles recrues aux profils plus diversifiés. Dans ce domaine, le mouvement est déjà en marche. La génération montante de directeurs compte un nombre significatif d’hommes et de femmes issus de secteurs d’activité divers (banques, commerce…). « Il y a, pour eux, la nécessité de personnaliser les formations, car ils ont avant tout besoin d’une acculturation au secteur », avance François Noble. En outre, globalement, ces nouveaux cadres semblent plus enclins à la mobilité professionnelle entre les établissements et services de champs différents, comme le relevait l’enquête de Direction[s], en décembre 2010 [2].

En phase avec les mutations actuelles

Toutes ces évolutions influent sur la liste et le contenu des formations proposées aux directeurs et cadres. Pour autant, la traditionnelle filière de formations professionnelles de l’encadrement est-elle encore adaptée ? Premier pilier, le certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale (Cafdes). Toujours largement au-dessus du lot, ce diplôme de niveau I, certifié par l’École des hautes études en santé publique (EHESP), reste le sésame de référence, régulièrement mentionné dans les offres d’emploi. « C’est une véritable caisse à outils, dans laquelle les directeurs peuvent puiser pour faire face à toutes les situations. Il permet de faire d’eux d’excellents généralistes, notamment dans les blocs de compétences indispensables à leur pratique professionnelle – à savoir en matière de politiques publiques, d’économie, de conduite de projet et de droit social », confirme Philippe Gaudon.

Mieux encore, ce diplôme diversifié se veut en phase avec les mutations actuelles, promeut Alain Haneuse, responsable de la filière Cafdes-D3S à l’EHESP : « Il s’inscrit dans les logiques de mutualisation et de développement des partenariats, prônées par la loi Hôpital, patients, santé et territoires [HPST]. » Une formation longue (de 24 à 30 mois), au coût cependant conséquent (de 12 000 à 17 000 euros).

Une offre pléthorique

Autre diplôme, de niveau II cette fois : le certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale (Caferuis). Créé en 2004, il est destiné aux cadres intermédiaires et aux chefs de service. Comme le Cafdes, ce titre professionnel au coût moindre (6 500 euros en moyenne pour la version longue) est accessible par la validation des acquis de l’expérience (VAE). Enfin, au rang des diplômes professionnels menant à des postes d’encadrement, le diplôme d’État d’ingénierie sociale (Deis), de niveau I, accompagne l’émergence de nouveaux profils, comme les chargés de mission, les conseillers techniques ou encore les chefs de projet.

Les besoins en matière de formation des directeurs et cadres de l’économie sociale sont donc importants. Et les obligations de qualification imposées par le décret du 19 février 2007 [3] ont accéléré la tendance (lire ci-dessous). Ce marché fructueux a aiguisé les appétits de nombreux opérateurs, à l’image des grandes organisations professionnelles. Mais pas seulement. Seules ou en partenariat avec des instituts régionaux du travail social (IRTS), les universités et les grandes écoles ont, ces dernières années, elles aussi investi le créneau en proposant notamment nombre de masters professionnels. Objectifs ? Permettre aux cadres comme à l’ensemble des travailleurs sociaux de parfaire leurs connaissances dans des domaines précis : des ressources humaines au management, en passant par l’évaluation… Bref, un dédale au sein duquel les candidats vont devoir trouver leur chemin.

[1] Tendances de l'emploi territorial, Étude emploi, note de conjoncture n° 15, Centre national de la fonction publique territoriale, mars 2011

[2] Lire Direction(s), n° 80, p. 26

[3] Les directeurs doivent être détenteurs d’une certification de niveau I s’ils dirigent une ou plusieurs structures sociales ou médico-sociales répondant cumulativement à deux des trois seuils suivants : plus de 50 salariés, bilan supérieur à 1,5 million d'euros, plus de 3 millions d'euros de chiffre d'affaire.

Gladys Lepasteur

Les effets du décret de 2007

Depuis 2005, le niveau général de qualification des directeurs a augmenté. Selon une étude récente [1], la proportion de titulaires d’un diplôme de niveau I atteint 56 % (contre 34 % il y a six ans), dont 22 % sont certifiés Cafdes (13 % dans le secteur des personnes âgées, 36 % dans le champ du handicap et 50 % dans celui de la protection de l’enfance). Le niveau II concerne 29 % des directeurs (contre 19 % en 2005). La progression est toutefois plus lente dans les rangs des managers « mono établissements », comme au sein des structures pour personnes âgées. À retenir encore : la corrélation entre le haut niveau de qualification et l’âge. La part des niveaux I devient minoritaire après 55 ans. Six ans après la publication du décret, plusieurs points posent encore question, notamment en matière de valorisation financière des exigences de qualification, de risques induits par une « recherche de niveau I à tout prix », ou encore d’impacts liés à la mutualisation des postes de direction.

[1] Étude visant l’évaluation du dispositif de qualification obligatoire des directeurs d’établissements et services sociaux et médico-sociaux, cabinet Geste pour la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), décembre 2011. 






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