Dès cette année scolaire, 30 514 étudiants ont franchi les portes des différents instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Mais aussi, et en alternance, celles des universités. Nouveauté : leur formation s'inscrit désormais dans le processus européen dit « LMD » (Licence-master-doctorat). À leur sortie, en 2012, les élèves se verront délivrer, conjointement au diplôme d'État, le grade de licence, soit le niveau 2 (contre 3 auparavant). Pour l'obtenir, ils doivent suivre six semestres d'enseignement, dont 2 100 heures de cours théoriques et 2 100 heures de cours pratiques. Les établissements et services sociaux et médico-sociaux qui accueilleront les nouveaux stagiaires de première année deviennent, d'ailleurs, acteurs à part entière de cette formation puisqu'ils seront chargés de valider directement certaines compétences. En effet, et c'est l'un des principaux axes de changement, la formation prévoit une approche par compétences et non plus par modules. Elles sont au nombre de dix, à valider au cours des trois années d'études.
Poste d'encadrement
Avantage de ce nouveau grade ? À l'issue de sa formation, l'étudiant pourrait poursuivre directement en master. « Mais les textes sont encore imprécis, pointe Nadia Mihoubi Boudraï, directrice de l'IFSI du lycée Rabelais, à Paris. À ce titre, cette licence apparaît comme ayant un but avant tout professionnel. » Au grand regret de certains syndicats d'infirmier(s) qui auraient souhaité dès le départ une intégration complète dans le système universitaire européen. Autre possibilité : préparer en un an le diplôme de cadre de la santé, après quatre ans d'exercice. Cette formation permet d'occuper un poste d'encadrement comme celui d'infirmier coordinateur dans un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD).
Augmentation de salaire
Mais cette montée en gamme ne va pas sans poser de problème. Le secteur craint, tout d'abord, une explosion des revendications salariales. «En tant que syndicat d'employeurs, nous ne pouvons que soutenir cette professionnalisation, reconnaît Anna Altéa, responsable des politiques de formation à l'Union nationale de l'aide, des soins et des services à domicile (Una). Toutefois, ce type de demande posera certains problèmes. Nous serons obligés de répercuter cette augmentation salariale dans le coût de nos services. Par ailleurs, ce changement de grade entraînera, de facto, une refonte de nos classifications et de nos emplois-repères ». Soit autant de nouveaux critères à prendre en compte, alors que se déroulent les négociations sur la nouvelle convention collective commune de l'aide à domicile. Par ailleurs, les établissements craignent des revendications concernant le contenu même du poste. « Vont-ils encore accepter d'assurer des tâches considérées comme moins valorisantes, par exemple, faire les toilettes des patients ?, s'interroge Ghislaine Podevin, responsable du SSIAD l'Association de soins à domicile, l'Asad, à Paris. Je sens déjà une certaine tension lors des entretiens d'embauche, que ce soit en termes de salaire, de contenu de poste ou, tout simplement, de perception du métier ou de regard porté vis-à-vis des collègues plus âgés. » Des inquiétudes légitimes à ne pas minimiser.
Formations
Réforme de la tarification dans le secteur social et médico-social
Travailler en réseau dans le secteur social et médico-social
Analyse financière et plan de financement en EHPAD
Congrès
La 9ème Semaine des EHPAD et Maisons de retraite
Cycles
Cycle Gestion d’un EHPAD et politiques gérontologiques
Cycle Directeur d'établissement social et médico-social
Cycle Chef de service en établissement social ou médico-social
Les inscriptions au Trophée Direction(s) 2011 sont désormais closes.
L’intégralité du palmarès sera divulgué lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 1er décembre prochain.
Elle sera également diffusée dans le magazine de décembre 2011.