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La socio-esthéticienne redonne confiance en soi

06/01/2010 - Encore peu connu, le métier de socio-esthéticienne fait une percée dans le secteur médico-social. Loin du cliché de l’institut de beauté, ces professionnelles guident les usagers dans la reconstruction de leur identité.

Né dans les années 1960 dans les pays anglo-saxons, le métier de  socio-esthéticienne apparaît en France, dix ans plus tard, d'abord dans le milieu hospitalier, les services de psychiatrie en particulier. Aujourd'hui, les 400 professionnelles recensées exercent à la fois dans les hôpitaux, mais aussi dans le secteur médico-social et notamment en centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), en maisons de retraite, comme les unités Alzheimer. Leur mission ? Bien loin des instituts de beauté, elles proposent des soins esthétiques auprès de populations souffrantes et fragilisées par une atteinte à leur intégrité physique (du fait de la vieillesse, de maladie), psychique (alcoolisme, toxicomanie) ou en détresse sociale (chômage, précarité).

Estime de soi des usagers

En effet, si la base de leur intervention reste l'acte esthétique dans ses déclinaisons (hygiène, soins sur l'apparence), ce support permet d'œuvrer à  la restauration de l'estime de soi, la revalorisation de la personne et sa reconstruction identitaire. Car aider un usager à lutter contre ses difficultés, c'est aussi l'aider à surmonter une dégradation physique parfois inévitable. Les soins prodigués par ces professionnelles - modelage du visage et des mains - et leurs conseils pratiques en hygiène, maquillage ou tenue vestimentaire sont maintenant de plus en plus appréciés par les établissements sociaux et médico-sociaux. Les directeurs de structures, qui ont l'occasion d'accueillir une socio-esthéticienne en stage, n'hésitent plus à faire ensuite appel à elle régulièrement, voire à l'embaucher. Car son action s'inscrit pleinement dans les projets de soins ou de vie définis par les équipes pluridisciplinaires (Voir encadré). Il n'existe pas de diplôme d'État préparant à cette fonction, mais une certification. Un seul centre de formation continue, le cours d'esthétique à option humanitaire et sociale (Codes), est habilité par l'État pour délivrer le titre de socio-esthéticienne (1) de niveau IV. Cet organisme tourangeau accueille, chaque année, 42 stagiaires en deux sessions. Elles doivent être diplômées d'État en esthétique-cosmétique (CAP, BP ou BTS) et avoir au moins deux ans d'expérience professionnelle.

Formation psychologique

La formation comprend 507 heures de cours répartis sur 12 semaines. Objectif : préparer les professionnelles du soin esthétique à l'approche psychologique de la personne souffrante, tant dans son corps que dans sa vie sociale, afin de lui apporter une relation d'aide adaptée et un soin technique compétent et respectueux des règles de déontologie. Deux modules sont dispensés : le « module médical » de 279 heures (gériatrie, soins palliatifs, cancérologie...) et le « module social » de 140 heures (femmes en détresse, jeunes en difficulté...) comportant à la fois des enseignements théoriques et des stages. « Elles doivent être capables de mettre en place des projets en lien avec celui de l'établissement, de participer aux réunions d'équipe et enfin de mener des évaluations de leurs actions » précise Marie-Aude Torres Maguedano,  la directrice du Codes. « Dans tous les cas, et même quand elles exercent en tant qu'indépendantes, leurs prestations doivent être gratuites pour les bénéficiaires des soins. » Les salaires mensuels, que ce soit dans la fonction publique hospitalière ou dans le privé, tournent autour de 1 200 à 1 400 euros nets. Enfin, en tant qu'indépendantes, les socio-esthéticiennes peuvent gagner entre 1 100 et 1600 euros nets par mois.

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Publié dans le magazine Direction(s) N° 70 - Janvier 2010
Directions No 76
N° 76 - Juillet 2010
Agences régionales de santé : patrons ou partenaires ?

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