Pour répondre à une demande de plus en plus forte, le secteur de l'hébergement d'urgence sociale a longtemps recruté du personnel pour une large part non diplômé. Et jusqu'en 2005, les permanents de nuit étaient des salariés en quelque sorte « invisibles ».
Depuis, l'union Unifaf Ile de France (1), à la demande des associations de l'urgence sociale - Emmaüs, la Croix-Rouge française, l'Armée du salut, France terre d'asile, les œuvres de la Mie de pain... -, a mis en place une action prioritaire régionale (APR) pour définir cet emploi selon un référentiel de compétences et d'activités. L'Institut national de formation et d'application (INFA) à Nogent-sur-Marne et Buc Ressources dans les Yvelines, centres de formation de la filière éducative, en ont assuré la formation.
Le parcours de professionnalisation a été adapté selon deux critères: les attentes spécifiques à l'urgence sociale et le passé de salariés au parcours hétéroclite: hommes dans la majorité des cas, parfois anciens compagnons d'Emmaüs, ou ex-bénévoles du social, quinquagénaires et étrangers pour moitié. Leur niveau scolaire est souvent très faible, mais certains ont un « bac + 5 », obtenu à l'étranger. « Ce sont des personnes qui font preuve de grandes capacités d'adaptation et de qualités humaines exceptionnelles », souligne Alain Langlacé, directeur de l'INFA.
Leurs fonctions? Loin d'être des gardiens du bâti, ce sont des accueillants à part entière. Ils assurent la tranquillité des hébergés tout au long de la nuit, rappellent les règles de conduite à une population désocialisée. Instaurent un climat de confiance, encouragent les résidants à faire face à la journée qui s'annonce. Passent enfin le relais et s'assurent des transmissions aux autres membres de l'équipe.
« Ce qui distingue leur travail de celui des surveillants de nuit qualifiés, c'est la nature de la structure d'hébergement: uniquement ouverte la nuit, contrairement aux autres institutions qui fonctionnent en continu », explique Pierre Marie Lasbleis, chef de projet à l'Unifaf. « Tous les soirs, ils ont affaire à des personnes différentes. »
Formation en alternance
Leur formation - 14 jours et 91 heures - se décompose en 6 modules: l'urgence sociale, l'accueil de nuit, la prise en charge de la vie quotidienne, la formation aux premiers secours, le positionnement professionnel, la transmission des informations. En alternance: terrain et centre de formation. « Dans la convention collective de 1951, à laquelle nous sommes rattachés, le poste de permanent de nuit n'existe pas », explique Frédérique Rastolle, responsable des ressources humaines de l'association Emmaüs, « le salarié exerçant cette fonction est embauché en qualité d'agent logistique, et, une fois formé, ce qui est obligatoire pour nous, donc pour lui, il devient auxiliaire socio-éducatif. Il passe de l'indice 291 (soit 1254 euros brut) à celui 339 (1461 euros brut) plus une prime de nuit (7,11 euros). » Malgré la demande des associations, la commission paritaire nationale de l'emploi arguant de la multiplicité des diplômes actuels, n'a pas souhaité reconnaître cette fonction comme un nouveau métier, mais elle valide le niveau de formation et les passerelles vers d'autres diplômes.
Formations
Réforme de la tarification dans le secteur social et médico-social
Travailler en réseau dans le secteur social et médico-social
Analyse financière et plan de financement en EHPAD
Congrès
La 9ème Semaine des EHPAD et Maisons de retraite
Cycles
Cycle Gestion d’un EHPAD et politiques gérontologiques
Cycle Directeur d'établissement social et médico-social
Cycle Chef de service en établissement social ou médico-social
Les inscriptions au Trophée Direction(s) 2011 sont désormais closes.
L’intégralité du palmarès sera divulgué lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 1er décembre prochain.
Elle sera également diffusée dans le magazine de décembre 2011.