Le médico-social est à un tournant de son existence. En effet, les différents changements et l'arrivée des agences régionales de santé (ARS) viennent percuter de façon assez violente les organisations et les modèles fondateurs des institutions médico-sociales. Ces mutations interrogent donc les pratiques - ce qui en soi n'est pas un problème -, mais aussi les cœurs de métier, tâche première des institutions. Deux phénomènes beaucoup plus inquiétants.Les structures organisationnelles et les modèles managériaux qui animent ces institutions ne sont historiquement pas formalisés et laissent place à un grand vide de forme très souvent interprété à tort comme un vide de fond. Ces institutions deviennent alors la proie de modèles prédateurs, qui seraient salvateurs et générateurs d'une « performance ». Un concept empreint d'une certaine idéologie économique néolibérale qui trouve sa légitimité dans l'optimisation de l'utilisation de l'argent public.Dans une société qui se fonde sur l'image, la primauté de l'individu, la survalorisation du discours technicoscientifique, l'abolition des dettes intergénérationnelles, la valorisation d'un modèle unique par la normalisation et la disparition des institutions structurant la République (famille, école, action sociale, etc.), on peut comprendre que l'entreprise vienne alors « faire sens » comme modèle structurel des organisations médico-sociales historiquement non modélisées. Cette conception s'imbrique avec deux autres modèles prédateurs :
Le secteur médico-social est donc face à trois contraintes exogènes et une faiblesse endogène. L'enjeu peut-il être à la hauteur du risque ? Je me propose donc d'essayer de repérer ces quatre modèles.
Le modèle du secteur médico-social
Notre modèle se fonde sur la subjectivité de la « relation d'aide ». La posture managériale associée est plutôt charismatique, avec un pouvoir à une tête (le directeur). Le discours est plutôt interprétatif. Le travail est souvent auto prescrit, et les métiers peu dissociés. La « pensée » (c'est-à-dire la « clinique ») est le pilier dynamique de l'institution. L'organisation économique est budgétaire. La référence théorique est psychanalytique. Le rapport hiérarchique est « paternaliste rebelle ». Le management se veut psychoaffectif. La tâche fondatrice est noble, soutenue par une conceptualisation de la dimension groupale, étayage de la socialisation. La justification du sens est l'expérience et le vécu. La personne accueillie est une « énigme » dont il faut trouver les clefs (1). Le langage est flou, « psychologisant ».
Le modèle sanitaire
Ce modèle se fonde sur l'objectivation des actes de soins. Dans ce modèle, la culture managériale est plutôt technocratique. Elle repose sur trois piliers : la direction (administration), les médecins et les soins infirmiers. Le discours est scientifique. Le travail est prescrit. Les métiers sont clivés. La pensée est secondaire à l'acte. L'organisation économique est libérale. La référence théorique est académique. Le rapport hiérarchique est soumis aux savoirs. Le management est opératoire. La tâche fondatrice est étayée par la primauté de l'individu. La justification du sens est la connaissance et la recherche. La personne accueillie est un patient. Le langage est normé.Autrement dit, il comprend :
Formations
Réforme de la tarification dans le secteur social et médico-social
Travailler en réseau dans le secteur social et médico-social
Analyse financière et plan de financement en EHPAD
Congrès
La 9ème Semaine des EHPAD et Maisons de retraite
Cycles
Cycle Directeur d'établissement social et médico-social
Cycle Chef de service en établissement social ou médico-social
Cycle Gestion d’un EHPAD et politiques gérontologiques
Les inscriptions au Trophée Direction(s) 2011 sont désormais closes.
L’intégralité du palmarès sera divulgué lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 1er décembre prochain.
Elle sera également diffusée dans le magazine de décembre 2011.
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