L'accueil immédiat des mineurs délinquants (ou dans tous les cas dans des délais très brefs), sans critères de sélection ni procédures lourdes, est en nette rupture avec beaucoup des pratiques antérieures au lancement du programme des centres de placements immédiats (CPI).
De même, si la situation reste contrastée, l'organisation d'activités en interne semble se développer. Le souci de permettre aux jeunes d'intégrer les règles de base en matière d'hygiène, de santé, de rythme de vie paraît largement partagé par les équipes rencontrées. La restauration de règles de vie et de comportement socialement plus acceptables (respect de l'autre, présence aux moments collectifs du CPI, participation à l'entretien des locaux et à la vie de la maison...) constitue également une des préoccupations des éducateurs, bien que, sa traduction dans les actes éducatifs quotidiens soit diversement avancée. Les droits des mineurs placés et de leurs familles sont aussi généralement respectés (comme la prise en compte de la dimension familiale: maintien des relations, information des parents) dans le cadre défini par le magistrat.
Revenir aux fondements éducatifs
Dans la plupart des cas, nous avons été frappés par le respect et l'attention dont sont l'objet les adolescents, par la vision positive quant à leur évolution et leurs capacités, indépendamment de l'extrême gravité des faits qui leur sont parfois reprochés. Tous ces éléments amènent à relativiser l'appréciation portée par la commission sénatoriale (1) lors de sa mission: «La simple transformation de foyers en CPl, préférée pour des raisons d'urgence à l'ouverture de nouveaux établissements, n'était peut-être pas le meilleur moyen de faire émerger de nouveaux modes de prise en charge».
De ce point de vue, au-delà de la seule réponse à la commande politique du conseil de sécurité intérieure, le risque était grand de rester au niveau idéologique et ainsi d'échapper au questionnement des réponses concrètes et quotidiennes à apporter au jeune confié [...] La Direction de la protection judiciaire de la jeunesse s'est au contraire fixée comme objectif de revenir aux fondements de l'action éducative dans le cadre des missions de protection judiciaire de la jeunesse, en mettant fin aux dérives les plus importantes des prises en charge en hébergement.
Des faiblesses structurelles
Il n'en demeure pas moins que les objectifs fixés par le Conseil de sécurité intérieure ne sont que très partiellement atteints: au plan quantitatif, l'activité des CPI reste insuffisante et génère un coût important même si elle s'améliore depuis ces trois dernières années; au plan qualitatif, le programme peine à mettre en œuvre la fonction de bilan-orientation.
Les explications sont à rechercher pour partie au sein de la PJJ elle-même: déficit de portage, politique d'implantation incohérente, absence de formation adaptée à cette nouvelle fonction et déficit de professionnalisme. Surtout, les CPI restent très isolés au sein du dispositif de protection judiciaire de la jeunesse. Mais les explications sont également à rechercher dans les commandes politiques qui croient trouver dans l'empilement de structures d'hébergement spécialisées une réponse au problème de la délinquance des mineurs les plus difficiles.
La commande politique du Conseil de sécurité intérieure portait sur la création d'une structure spécifique, le centre de placement immédiat, et non sur une mission. Les évaluations des politiques publiques montrent, en France comme à l'étranger, qu'il ne suffit pas de redéployer ou d'attribuer de nouveaux moyens pour traiter un problème de société. Cette mobilisation de moyens publics n'est efficace que si elle s'accompagne d'une mise en cohérence de l'ensemble des interventions publiques, faute de quoi les réformes restent lettre morte, les dispositifs vides de sens et parfois d'usagers.
Une approche «structure»
L'hébergement devient alors synonyme du traitement de l'urgence avec le risque de l'utiliser comme déversoir non régulé des situations les plus problématiques, ou les plus dégradées, et ce d'autant plus lorsque l'on constate des défaillances indéniables dans les dispositifs existants. Grande est alors la tentation d'en créer de nouveaux sans se préoccuper davantage de leur mise en cohérence [...]
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Les inscriptions au Trophée Direction(s) 2011 sont désormais closes.
L’intégralité du palmarès sera divulgué lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 1er décembre prochain.
Elle sera également diffusée dans le magazine de décembre 2011.