Si le management participatif est un outil indispensable pour que le directeur général puisse piloter les structures associatives, il s'avère insuffisant pour garantir le «bon fonctionnement» du dispositif et sa pérennité. «L'objet-frontière» (lire l'encadré) est un outil essentiel pour que ce dernier puisse les manager pour et au nom des personnes handicapées.
Dans le secteur médico-social, et plus particulièrement dans les structures gérées par des associations de parents d'enfants handicapés, l'organisation gestionnaire est composée de membres qui sont à la fois administrateurs et bénéficiaires ou utilisateurs.
L'action collective qui concerne les humains, ici déficients intellectuels, met en scène des acteurs très différents et nécessite pour sa mise en œuvre, le partage d'un certain nombre de points, de valeurs et d'objectifs afin que les apports individuels constituent des éléments complémentaires et convergents par rapport au projet global ou individuel.
Du sens pour l'action collective
C'est ici que la personne handicapée, «l'objet-frontière» comme concept, va permettre à l'action collective de prendre toute sa dimension et son sens, à condition de placer la personne handicapée toujours au premier plan, ce qui permet de dépasser les intérêts personnels pour que l'action soit essentiellement menée au profit de cette dernière. La référence à celle-ci va permettre aux relations entre l'association et le directeur, (entre le niveau politique et le niveau technique) d'échapper aux effets souvent pervers du pouvoir pour donner une efficacité accrue au dispositif. Cette démarche va permettre aux projets d'évoluer et au directeur de trouver un consensus avec les équipes pour mener les actions de terrain.
Au niveau stratégique, le recours à l'objet-frontière permet d'interpeller ou réinterpeller des partenaires ou financeurs avec beaucoup plus d'efficacité, mais aussi et surtout, permet à l'association de reconsidérer, non pas sa demande initiale, mais la solution qu'elle préconisait, sans tomber dans l'écueil de l'affrontement stérile et le recours aux influences et au pouvoir.
On pourrait penser que dans toutes les structures s'occupant de personnes handicapées, les actions mises en œuvre le sont forcément dans leur intérêt. Ce serait ignorer que l'être humain doit aussi satisfaire ses propres attentes et besoins à travers son action professionnelle et qu'il n'est pas rare que ces derniers prennent le pas sur «l'objet», même si celui-ci est le fondement et la raison d'être de leur action. Parfois, à l'extrême, c'est la réalisation de soi, un intérêt personnel immédiat qui motive l'action.
Un double rôle
Comme acteur pivot majeur, le directeur général a un double rôle: l'un autour de l'organisme gestionnaire, l'autre envers l'action de terrain exercée par les professionnels. Celui-ci est d'autant plus important que la position collective ou le consensus doivent, d'une part, respecter la législation en vigueur et, d'autre part, être accessibles, compréhensibles et déontologiquement en adéquation avec la spécificité des professionnels.
La mission est donc délicate: des acteurs très différents vont devoir trouver un terrain d'entente et des objectifs leur permettant de respecter leurs propres valeurs tout en se retrouvant dans celles de l'organisation, afin de pouvoir construire l'action collective. Il va donc falloir recadrer l'action soit au niveau politique soit technique au regard de l'intérêt de la personne handicapée grâce à l'objet-frontière. Dès lors, nombre de barrières ou de remparts tomberont et le consensus deviendra possible. L'une des fonctions du directeur général sera donc de bien situer le cadre, le périmètre, les objectifs et les finalités de l'action, surtout par rapport à celui qui en est l'objet.
Le directeur devra permettre l'expression des différents acteurs dans leurs différences afin de dégager ou d'éclairer leurs complémentarités à travers leurs points communs, à savoir: le cadre de l'action, le lieu, l'instant même d'échange (réunion, conférence...), leur appartenance spécifique ou globale mais surtout l'objectif de l'action, sa finalité et à qui elle s'adresse (qui en est le réel bénéficiaire?). Il sera l'animateur de cette instance d'exploration et de définition de la situation. Sa mission première sera de veiller à ce que chaque acteur ait bien intégré le cadre, le contexte de l'action, identifié clairement le bénéficiaire, afin de fixer les objectifs et aussi donner du sens à l'action.
Formations
Réforme de la tarification dans le secteur social et médico-social
Travailler en réseau dans le secteur social et médico-social
Analyse financière et plan de financement en EHPAD
Congrès
La 9ème Semaine des EHPAD et Maisons de retraite
Cycles
Cycle Directeur d'établissement social et médico-social
Cycle Chef de service en établissement social ou médico-social
Cycle Gestion d’un EHPAD et politiques gérontologiques
Les inscriptions au Trophée Direction(s) 2011 sont désormais closes.
L’intégralité du palmarès sera divulgué lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu le 1er décembre prochain.
Elle sera également diffusée dans le magazine de décembre 2011.