Perte de spécificités, appauvrissement, certification à la main des établissements... Les critiques sur la réforme de la formation aux métiers du travail social restent vives. Le directeur général de la Cohésion sociale s'est saisi de l'occasion de la mise en ligne des nouveaux diplômes sur la plateforme nationale Parcoursup, mi-janvier, pour y répondre. En commençant par rappeler les objectifs : adapter les référentiels aux évolutions des politiques publiques, favoriser les reprises d'études et la mobilité professionnelle pour gagner en attractivité. « Il nous a fallu trouver un équilibre entre des demandes contradictoires. Nous avons valorisé les compétences particulières, comme la prévention et l'inclusion pour les éducateurs spécialisés ou la vision des droits et besoins pour les assistants de service social », soutient Jean-Benoît Dujol. Et de mettre en avant des compétences « renforcées » (éthique et réflexivité ou transition écologique et numérique) et celles partagées entre les diplômes, jugées « essentielles » (pouvoir d'agir des personnes, partenariat territorial, etc.). « En outre, nous avons toujours 50% de formation pratique », insiste-t-il.
Préparer la certification
Prochaines étapes ? Accompagner les écoles, notamment pour l'intégration des recommandations de bonnes pratiques dans les maquettes et la préparation de la certification. Une instruction sera adressée à cette fin aux services déconcentrés étayant leur mission d'appui. L'administration assure que le contrôle sera renforcé sur la mise à jour des projets pédagogiques d'ici à juin, puis sur la mise en oeuvre du contrôle continu puisque les établissements seront désormais en charge des examens « sous la supervision des services de l'État ».
Viendra ensuite le tour des certificats de l'encadrement (Cafdes et Caferuis) « de passer à la moulinette de la révision quinquennale obligatoire », précise Jean-Benoît Dujol. Après la réforme de 2022, « l'enjeu sera le renforcement des passerelles entre les deux pour favoriser les mobilités ascendantes ». À suivre.
Laura Taillandier
Publié dans le magazine Direction[s] N° 249 - février 2026