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Conseiller/conseillère en économie sociale et familiale
CESF, une professionnelle qui prévient l’exclusion

03/04/2019

Spécialistes de l’aide à la vie quotidienne et de l’inclusion sociale des familles en difficulté,les conseillères en économie sociale et familiale (CESF) travaillent désormais dans de nombreux secteurs, notamment le champ de la protection de l’enfance.

En dix ans, le nombre d’étudiantes conseillères en économie sociale et familiale (CESF) a doublé, passant de 931 inscrites dans les centres de formation en 2007 à 1865 en 2017 [1]. L’exercice de cette profession du travail social nécessite d’être titulaire du diplôme d’État de CESF (DECESF), passé du niveau III au niveau II en septembre 2018. Délivré au bout d’une année de formation, ce sésame fait suite à l’obtention d’un BTS Économie sociale et familiale. « Ces deux diplômes confèrent une double expertise aux CESF, à la fois technique et scientifique dans tous les champs de la vie quotidienne, mais aussi sociale, avec un savoir dans la relation d’aide ou encore dans la capacité à transmettre des apprentissages à des publics dits en difficulté », détaille Dalila Mechaheb, responsable de formation CESF à l’Institut régional du travail social (IRTS) Parmentier Paris Ile-de-France.

Des spécialistes mieux reconnues

Les CESF sont des spécialistes du quotidien (gestion du budget, logement, alimentation, santé…). Elles informent, forment et conseillent les familles et les personnes en difficulté : en situation de précarité, ayant des soucis financiers, d’accès au logement, de surendettement, des problématiques de dépendance, de handicap, etc.

Ces professionnelles du travail social interviennent dans les services d’action sociale des collectivités, les caisses de Sécurité sociale et d’allocations familiales, les établissements et les services accueillant des personnes handicapées, etc. « Elles sont aujourd’hui présentes dans tous les secteurs, le logement, l’insertion professionnelle, le secteur hospitalier auprès des patients et même dans le champ de la protection de l’enfance, notamment dans les maisons d’enfants à caractère social (Mecs), ce qui n’était pas le cas il y quelques années », relève Dalila Mechaheb. À ce jour, quelque 14 000 CESF [2] exercent dans l’Hexagone. Des professionnelles qui « sont de plus en plus reconnues et appréciées des employeurs pour leur approche pragmatique du champ de la vie quotidienne, outre une compétence très forte en méthodologie de projet ». Et qui n’ont pas de difficultés à trouver du travail en sortie de formation.

Montée en compétences

Ce que change le passage au niveau III ? « C’est une augmentation du niveau de certification et donc des attendus de la formation », analyse Dalila Mechaheb. Avec, parallèlement, dans les enseignements, un rapprochement avec les universités et les savoirs académiques. « Aujourd’hui, on observe un décalage entre les profils de candidats et les exigences qui sont de plus en plus importantes, note Dalila Mechaheb. Il n’y a que trois années de formation (BTS et DECESF), denses et complexes, pour un salaire au final, qui n’est pas énorme. » Mais qui sera revalorisé à partir de 2021 pour les nouveaux diplômés. Selon leur employeur, les CESF actuelles perçoivent un salaire qui varie de 1600 euros brut à leurs débuts à un peu plus de 3100 euros brut en fin de carrière. Elles pourraient être amenées, à terme, comme les autres professions du travail social désormais de niveau III, à se positionner sur des postes stratégiques et de gestion de projet. Au détriment de l’accompagnement direct des usagers ?

[1] « La formation aux professions sociales 2017 », enquête annuelle de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), à consulter sur www.data.drees.sante.gouv.fr

[2] CESF, fiche-métier du travail social du ministère des Solidarités et de la Santé, à consulter sur https://solidarites-sante.gouv.fr

Flore Mabilleau

Point de vue

Nicole Rollet, CESF à la caisse d’allocations familiales (CAF) de Paris

« Nous intervenons auprès de familles fragilisées par des événements de la vie (décès d’un enfant, d’un conjoint, séparation, impayés de loyer, etc.) et qui ne sont pas connues d’un autre service social. Nous les accompagnons sur la durée, en moyenne un an, et allons travailler sur leurs compétences. En cas d’impayés de loyer, par exemple, nous allons faire le point avec la famille, afin de connaître la cause de cet arriéré, qui peut être une rupture personnelle ou économique. Ensuite, nous évaluons et négocions les solutions qui s’offrent à elle (plan d’apurement, dispositifs d’aide, réflexion sur une façon de s'organiser). La problématique budgétaire est essentielle, mais ce n’est qu’une partie de notre travail. Par ailleurs, ce qui marche avec une famille ne va pas toujours fonctionner avec une autre ! »

Publié dans le magazine Direction[s] N° 174 - avril 2019


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