Baptisé Oasis, le nouvel outil d’analyse et de suivi des incidents de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) entre progressivement en fonction. Il permet la transmission à l’administration centrale, et en dernier ressort au cabinet du garde des Sceaux, de tout « évènement significatif et/ou grave susceptible de perturber la prise en charge et le fonctionnement des établissements ». Fini donc l’envoi par mail de documents Word pour les structures associatives habilitées et publiques – nouvelles unités judiciaires à priorité éducative notamment [1]. Atteintes graves à l’intégrité physique ou psychologique, décès, maltraitances, disparitions… Le nouvel applicatif devient, pour la chaîne de permanence, « l’unique moyen de transmission » des incidents, que ceux-ci impliquent des jeunes, des personnels ou encore soient susceptibles d’entraver la continuité des prises en charge et de perturber la sécurité. Les éléments à déclarer dans les 24 heures ? Contexte du signalement, personnes impliquées, criticité et description des faits.
Réactivité nécessaire
L’ambition pour la DPJJ : sécuriser les échanges, tout en simplifiant le suivi et l’analyse à des fins de prévention. En 2024, 2 434 faits ont ainsi été signalés. « Le nouvel outil permet de faciliter le renseignement grâce à un formulaire intégré, composé majoritairement de cases à cocher et bénéficiant d’une interconnexion avec le logiciel Parcours [recensant les mesures prises à l’égard des mineurs suivis par la PJJ] afin de limiter le nombre de champs à remplir manuellement », justifie le ministère… Sans convaincre. « L’enjeu de cette réactivité semble surtout, pour le ministère, de disposer au plus vite d’éléments pour répondre à la presse en cas de problèmes, avance Josselin Valdenaire, secrétaire général de la CGT-PJJ. Aujourd’hui, la pression sur les personnels est déjà permanente. Tout cela impactera évidemment les conditions de travail. » « Un suivi étroit des premiers utilisateurs est assuré pour vérifier le bon fonctionnement de l’outil et son amélioration si nécessaire », assure la place Vendôme en retour, insistant sur la simplicité et l’ergonomie du logiciel.
Note du 18 février 2026
[1] Décret n° 2026-180 du 12 mars 2026
Gladys Lepasteur
Publié dans le magazine Direction[s] N° 251 - avril 2026