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ESS
« Un pacte ni définitif, ni suffisant »

20/03/2019

Début mars, ESS France a rendu un premier verdict sur le Pacte de croissance dévoilé fin novembre par le gouvernement [1]. Détails avec son président Jérôme Saddier.

Pourquoi le juger si décevant?

Jérôme Saddier. Même si des mesures vont dans le bon sens, la plupart avaient déjà été annoncées, ou seront finalisées plus tard, ou encore sont sans portée réelle pour la croissance. Le tout manque d’un cap stratégique pour faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) le moteur d’une autre croissance. Sans compter l’absence de lisibilité sur l’engagement financier de l’État, qui semble loin des promesses du candidat Macron. À ce stade, ce pacte, élaboré sans concertation, est donc insuffisant. Nous avons pourtant décidé d’être constructifs en avançant des propositions pour l’enrichir et travailler à une stratégie globale. Durant la concertation, des réunions de travail se tiendront avec le haut-commissariat, avant l’avis définitif du Conseil supérieur d’ici à début mai.

Il compte pourtant 34 mesures complétées d'autant d'objectifs…

J. S. Mais c’est justement dans ces derniers, renvoyés à de futurs groupes de travail, que se trouve l’essentiel ! En particulier pour les ressources des organisations : l’indispensable pluriannualité, la nécessité de pallier les conséquences de la fin de l’ISF, la possibilité de conserver un excédent « raisonnable » sur les financements publics pour soutenir les fonds propres… L’enjeu est de retravailler ces sujets, qui semblent être ceux qui ont été retoqués en interministériel, pour les rendre plus « acceptables » notamment par Bercy. Quitte ensuite à s’associer au haut-commissaire pour les défendre.

Pèche-t-il aussi par une absence de déclinaison sectorielle ?

J. S. Oui, et c’est peut-être dû au manque de positionnement interministériel. Nos modèles économiques varient beaucoup en fonction des statuts et des secteurs d’activité. Une stratégie de développement ne peut donc faire l’impasse sur une approche sectorielle ou par filière. Au-delà, on a le sentiment d’une focalisation sur la question de l’innovation et sur quelques entreprises sociales. Les enjeux de l’ESS ne se limitent pas à ces seules start-up.

Est-ce le signe d’un manque de considération ?

J. S. Je ne veux pas le croire. Disons plutôt d’un manque de cohérence et de connaissance gouvernementales de l’ESS, souvent perçue à travers ses activités et non ses structures. Il faut sans cesse recommencer un travail de pédagogie, surtout quand des décisions publiques sont des attaques frontales contre ce qui fait l’essence même de nos modèles. Nous incarnons pourtant l’économie telle qu’elle devrait être et qu’elle sera demain. D’où l’intérêt d’avoir un haut-commissaire qui pèse sur les décisions. Nous sommes prêts à l’y aider, sous réserve d’être d’accord sur l’ambition.   

[1] Lire Direction[s] n° 171, p. 6

Propos recueillis par Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 174 - avril 2019






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