Ceci est un test

Directions.fr : Le site des directeurs et cadres du secteur social et médico social

Intérim
« Des enjeux organisationnels »

17/12/2025

« Inévitablement » contraints de recourir à l’intérim pour faire tourner les structures sociales et médico-sociales, les gestionnaires déploient leurs stratégies. Explications de Laura Beton-Athmani, autrice d’une recherche exploratoire à l’Institut régional du travail social Paca-Corse.

L’intérim est-il toujours un phénomène subi par les établissements et services [1] ?

Laura Beton-Athmani. Souvent oui, mais ils adoptent différentes stratégies d’ajustement. En effet, il existe de réels enjeux organisationnels assumés comme tels, même si le sujet reste relativement tabou vu les questions autour de la qualité de l’accompagnement. Pour les structures, l’intérim reste ainsi plus simple à gérer administrativement que le contrat à durée déterminée. Il est parfois aussi envisagé comme une période d’essai avant un contrat à durée indéterminée (CDI).

Dans ce contexte, dérogeant aux intérimaires « classiques » appelés ponctuellement, les gestionnaires leur préfèrent ceux dits « repérés » : pas toujours identifiés comme des intérimaires par les autres, ils interviennent de façon récurrente depuis plusieurs années, selon un planning souvent défini en amont avec l’établissement. Porteurs d’une grande connaissance des publics et du fonctionnement de la structure, ils sont précieux, jusqu’à faciliter la prise de poste des salariés permanents. Loin de l’image de l’intérimaire moins investis que les autres, ceux que j’ai rencontrés étaient même très engagés dans leurs activités de travail.

Quelles stratégies développent les organisations en la matière ?

L. B.-A. Certaines peuvent choisir de leur confier des missions sensiblement identiques à celles de leurs collègues permanents, d’autres de les cantonner à des activités moins attractives de nursing (toilettes, repas…). Entre ces deux options, aux employeurs de savoir où placer le curseur pour, d’un côté, éviter toute dégradation de la qualité et, de l’autre, pousser les intérimaires à accepter un CDI, moins coûteux pour eux.

La limitation par l’État du recours à l’intérim [2] peut-elle pénaliser les établissements ?

L. B.-A. C’est probable, même si un encadrement est nécessaire. Des mesures exceptionnelles devront toutefois être prévues pour ne pas les mettre en péril et assurer un nombre suffisant de personnels. Au-delà, on le constate : l’intérim permet aux professionnels concernés de regagner des marges de manœuvre en termes de salaire et de gestion de leur planning, soulignant in fine le manque de valorisation des métiers du social.

[1] Lire Direction[s] n° 245 , p. 22

[2] Décret n° 2025-1147 du 28 novembre 2025

Propos recueillis par Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 248 - janvier 2026






Ajouter un commentaire
La possibilité de réagir à un article de Direction[s] est réservé aux abonnés  du magazine Direction[s]
Envoyer cette actualité par email :
Email de l'expéditeur (vous)*

Email du destinataire *

Sujet*

Commentaire :

* Champs obligatoires

Le Magazine

N° 248 - janvier 2026
Équipes de direction. Se libérer des carcans
Voir le sommaire

Formation Direction[s]
Offres d'emploi
Les 5 dernières annonces publiées
ATIMP 44

DIRECTEUR (H/F)

Collectivité Européenne d'Alsace

Une ou un Médecin du travail F/H (Poste n°A-6639)

AIDERA VAR

Directeur du Pôle Adultes (H/F)

Département de la Haute-Garonne

DIRECTEUR ENFANCE ET FAMILLE H-F


Voir toutes les offres
Trophée Direction[s] : l'essentiel

Logo Trophée 2

Sous les hauts patronages de :

Paul Christophe, ministre des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes


Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée des Personnes en situation de handicap

En partenariat avec :

Logo Axiome