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CMPP
« Des piliers préservés »

16/09/2026

Le cadre des centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) a été refondu, clarifiant leur place dans le champ médico-social, note Jean-Noël Trouvé, président de leur fédération, la FDCMPP.

Jean-Noël Trouvé, président de la fédération FDCMPP.

Cette refonte était-elle nécessaire ?

Jean-Noël Trouvé. Oui. Cela faisait des années que se réfléchissait l’avenir des CMPP, et on a pu craindre une fusion avec les centres médico-psychologiques, voire un retour dans le giron de l’Éducation nationale. Le décret [1] stabilise leur place, en situant un champ ambulatoire médico-social. Les travaux ont d’ailleurs été menés par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) dans un dialogue continu, à saluer. Un regret toutefois : le contexte actuel, assez défavorable à la psychanalyse, a poussé à la suppression du mot « psychothérapies » de leurs statuts, alors même qu’elles constituent l'une de leurs missions importantes.

Les CMPP sont tenus de respecter les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) de la Haute Autorité de santé. Votre sentiment ?

J.-N. T. C’est un point de vigilance, même si nous reconnaissons leur utilité. Les médecins revendiquent une liberté de prescription et de conscience vis-à-vis des patients, et les équipes une liberté de créativité. Cette volonté de leur imposer des recommandations contraignantes, qui reposent sur une méthodologie de plus en plus critiquée en psychiatrie, est mal vécue. Nous craignons des pressions croissantes, pouvant aller jusqu’à une forme d’autorité sur les pratiques – a fortiori si ces RBPP deviennent opposables. Autre élément : l’équilibre à maintenir entre les fonctions de diagnostic et de soins, au moment où les CMPP sont inclus dans le nouveau service de repérage précoce. Tout cela nécessite d’être réfléchi, même si le décret a le mérite de préserver les piliers de leur fonctionnement. Comme la double direction, que la DGCS a accepté de maintenir comme une option dont pourront se saisir les gestionnaires.

Pendant les trois années suivant la sortie, les centres doivent s’assurer du suivi des orientations. En ont-ils les moyens ?

J.-N. T. Si les centres d’action médico-sociale précoce étaient déjà amenés à s’interroger sur la suite de leur intervention – celle-ci n’étant plus financée au-delà de six ans –, c’était moins le cas des CMPP. Ceux-ci, faute de places d’aval, assurent des prises en charge par défaut d’orientation de plus en plus nombreuses et longues. Or, confrontés à une demande de soins pour enfants en augmentation, ils comptent beaucoup de postes médicaux vacants, ce qui pèse sur leur fonctionnement. Reste à voir comment cette nouvelle responsabilité, pour laquelle aucun budget spécifique n’est alloué, sera mise en œuvre.

[1] Décret n° 2026-580 du 26 juin 2026

Propos recueillis par Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 256 - octobre 2026






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