Encore un constat sur les difficultés des Ehpad. Cette fois, c’est un observateur européen, le Commissaire aux droits de l’homme, qui a signé l’alerte le 8 septembre et égrené les écueils : sous-effectif et taux élevé de rotation des équipes, vétusté de certaines infrastructures, manque de contrôles inopinés... La ministre Camille Galliard-Minier a reconnu ces faiblesses mais insisté : la réponse ne peut résider dans « la seule addition de mesures sectorielles ». « Je souhaite faire de la Conférence nationale de l’autonomie [fin octobre] un rendez-vous structurant, capable de donner un cap au-delà des seuls calendriers politiques », a-t-elle promis.
Simplification des Cpom en vue
Côté terrain, le scepticisme domine autour de cet évènement. Les fédérations n’attendent plus de grand soir avant la présidentielle et plaident d’une même voix pour une simplification administrative. « On sait bien que le moment n’est pas à une réforme majeure, mais il y a des mesures non coûteuses à prendre. Les gestionnaires, sur tous les fronts, veulent retrouver du temps pour les équipes, familles et usagers », témoigne Annabelle Vêques, directrice de la Fnadepa. Principale demande ? « La généralisation de la fusion des sections tarifaires soins et dépendance permettrait un nivellement par le haut, une harmonisation et une équité de traitement », illustre-t-elle. La mesure n’est pas encore tranchée au contraire de la tacite validation des coupes Pathos : les travaux de mise en œuvre sont engagés à la Direction générale de la cohésion sociale.
Idem pour la simplification des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens avec une échéance début 2027 au plus tard. Souplesse dans les autorisations, réouverture inconditionnelle du tarif global... Les acteurs espèrent voir exaucer aussi leurs autres souhaits. Via la dernière loi de financement de la Sécurité sociale du quinquennat ? « C’est le moment de saisir la balle au bond. Ce budget doit maintenir la dynamique sur les créations de places et de postes pour cranter une trajectoire », appuie Annabelle Vêques. Après « un été extrême », il s’agit aussi de permettre aux établissements de conduire les transformations indispensables, milite la Fédération hospitalière de France. Elle réclame la création d’un fonds vert, doté d’un milliard d’euros par an, pour adapter les structures au changement climatique. Ainsi que, comme l’ensemble du champ, la restitution des 215 millions de crédits gelés au titre de la réserve prudentielle dans le médico-social. La main est à l’exécutif.
Laura Taillandier
Publié dans le magazine Direction[s] N° 256 - octobre 2026