Dans l’exercice budgétaire compliqué que s’apprête à tenter l’exécutif, quelle sera l’ampleur du rabot que subira le budget 2027 de la protection juridique des majeurs (PJM) ? Ses intentions, découvertes par les fédérations à la lecture d’une lettre de mission transmise début 2026 aux inspections Igas-IGJ-IGF, sont limpides : « Préparer les évolutions nécessaires à cette politique publique », en trouvant de quoi réaliser, au passage, 150 millions d’euros d’économies. Incompréhensible pour l’interfédérale (Fnat, Unaf, Unapei) qui rappelle avoir fait « la preuve par l’euro » de l’utilité sociale du secteur. « Cela représente environ 17 % de son budget annuel, évalue le délégué général de la Fnat, Hadeel Chamson. Aucun autre secteur n’a subi une telle ponction. »
Un effort de 50 millions
Santé, Autonomie, Économie… Depuis cet été, les organisations ont pris ensemble leur bâton de pèlerin pour aller au-devant des ministères. « Quand nos interlocuteurs affirment que notre enveloppe n’a été rabotée que de 5 millions en 2026, c’est faux, renchérit Jérôme Ferrandes, directeur du fonctionnement des unions et protection des personnes à l’Unaf. C’est sans compter la facture 2024 du Ségur qui n’a pas été financée, la non prise en compte de l’inflation et du glissement vieillesse-technicité ainsi que l’augmentation du nombre de mesures. L’effort déjà consenti s'élève à 50 millions ! »
Premier geste annoncé par l’État, rapporte l’Unaf : le report des travaux des inspections, en attendant fin 2026 le rapport définitif de la Cour des comptes, également missionnée sur le secteur. D'ici là, les acteurs entendent maintenir la pression, y compris sur le Parlement. « Fragiliser la PJM induira un transfert de charges vers d’autres secteurs, bien plus coûteux ! prévient Hadeel Chamson. Si cela devait arriver, aux pouvoirs publics de nous dire à quelles obligations les services devront renoncer. »
Gladys Lepasteur
Publié dans le magazine Direction[s] N° 256 - octobre 2026