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CCUE
« Créer un rapport de force »

20/05/2026

« Notre seul mandat est de négocier une convention collective unique », justifie Benjamin Vitel. Le secrétaire national de la CFDT santé-sociaux revient sur la décision de la fédération de suspendre sa participation aux paritaires de la branche Bass.

Benjamin Vitel, secrétaire national de la CFDT santé-sociaux.

Pourquoi avoir fait de votre avenant sur la protection sociale complémentaire (PSC), frappé fin avril d’une opposition majoritaire, un casus belli ?

Benjamin Vitel. C’est plutôt le constat d’une impasse. Depuis l’engagement des partenaires sociaux à négocier une convention collective unique étendue (CCUE) en 2024, le contexte a changé : l’État nous a lâchés en rase campagne ; les employeurs sont devenus très frileux (le financement incomplet du Ségur met encore des structures en difficulté) ; et des syndicats estiment désormais inutile de négocier faute de crédits à décrocher. Depuis deux ans, on ne traite plus rien qui corresponde à un élément d’une CCUE ! Nous pensions pouvoir progresser sur la PSC, abordée l’an dernier. Le sujet étant, en outre, discuté dans l’hospitalière, on espérait que l’État accepte une rallonge pour un régime étendu à toute la Bass. L’opposition à notre proposition, qui ne prévoyait qu’un calendrier pour l’appel d’offres, a montré qu’on ne pouvait poursuivre ni avec les employeurs sur les classifications-rémunérations, faute de financement ; ni avec les syndicats signataires de l’accord de méthode. Nous avons donc quitté la table car nous n’avons pas d’autre mandat que celui de négocier une CCUE. Or, sans les pouvoirs publics pour nous accompagner en matière financière, on n’avancera pas.

Vous ne participerez plus, non plus, aux discussions sur la fusion des conventions CCN 66 et accords CHRS ?

B. V. À ce stade, non, pour les mêmes raisons. D’après les estimations patronales, elle générera 8 % de surcharge en matière de garanties collectives, sans compter des effets de bord nécessitant des crédits pour être évités. Nous refusons de négocier de la régression sociale.

Vous étiez pourtant les premiers, l’an dernier, à fustiger la politique de la chaise vide décidée par la confédération Axess…

B. V. Sa stratégie était de bloquer les discussions pour faire pression sur l’État, ce qui était une erreur. Nous étions alors dans une vraie dynamique et espérions un accord sur la PSC. Ce n’est plus le cas : on pourrait rester des années à cette table qu’il ne s’y passerait rien de plus.  

Axess va consulter ses adhérents pour la suite. Redoutez-vous une dénonciation ?

B. V. Avec des financeurs aux abonnés absents, le saut dans l’inconnu que cela représenterait ne me semble pas le plus probable. Le contexte budgétaire pousse plutôt au statu quo.

Est-ce la fin de l’intersyndicale qui a mobilisé en mars ?

B. V. En un sens oui. La CGT, qui lie les mobilisations avec les négociations sur la CCUE, est d'ailleurs absente de l’appel du 26 mai. Nous avons pourtant été capables, avec d’autres, de mettre de côté nos divergences pour aller sur l’essentiel en matière de revendications budgétaires. Les mobilisations s’adressent aux pouvoirs publics, responsables du financement. Il n’y a aucune contradiction à sortir de la salle de négociations pour créer un rapport de force et ainsi mieux y revenir.

 

Avec les unions Udes et Uniopss, vous appelez à défendre les moyens du secteur le 5 juin. Une alliance inédite ?

 

B. V. À situation exceptionnelle, engagement exceptionnel. Nous nous retrouvons sur le vrai sujet : sans moyens, c’est la destruction du secteur et de ses emplois qui nous attend. Au-delà, c’est la question de son modèle de financement solidaire, dont le non-lucratif est un symbole, qui est posée. Il est temps pour les parlementaires à l’occasion des prochains budgets, mais aussi pour les candidats à la présidentielle de dire comment ils comptent financer notre champ.

Propos recueillis par Gladys Lepasteur

Publié dans le magazine Direction[s] N° 253 - juin 2026






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