
Marion Laurent, nouvelle déléguée générale du Syndicat national des employeurs spécifiques d’insertion.
En quoi la rénovation de la classification était-elle devenue nécessaire ?
Marion Laurent. Créée il y a plus de quinze ans, l’ancienne classification était celle d’une jeune branche confrontée à des enjeux de professionnalisation. Construite sur le modèle Parodi, elle comportait des emplois-repères et un descriptif devenus inadaptés. Nous avons donc entamé ce travail il y a quatre ans pour aboutir à un système permettant de répondre aux besoins du terrain, tout en rassurant les syndicats, réticents à la logique des critères classants. Résultat ? Quatre critères ont été instaurés (savoir-faire ; technicité-insertion ; autonomie ; coopération-encadrement), à partir desquels ont été définis les emplois-repères de la branche – limitant ainsi le risque d’une trop grande subjectivité dans le reclassement des postes. Par ailleurs, pour leurs emplois spécifiques dépourvus d’équivalent dans la classification, les structures ont la possibilité d’éviter tout rattachement artificiel, en les pesant elles-mêmes grâce à la grille de la branche.
Quels sont les autres changements majeurs ?
M. L. Les points d’ancienneté ont été fusionnés avec ceux dits de progression professionnelle pour devenir des points d’expérience, acquis automatiquement au bout de deux ans. En outre, une majoration pour diplôme et délégation de pouvoir avec transfert de la responsabilité pénale a été créée pour les minima hiérarchiques. Plus globalement, une augmentation moyenne de 3,59 % des salaires minima est à prévoir – voire + 8 % pour certains emplois-repères. Cet effort était nécessaire pour revaloriser les métiers du secteur.
Que doivent faire les gestionnaires d’ici à juin 2027 ?
M. L. Remettre à plat leurs fiches de postes. Une information-consultation de leurs comités sociaux et économiques, puis une information collective des salariés sont ensuite nécessaires. Avant de leur notifier individuellement quel est leur emploi-repère de rattachement. Pour cela, les ACI pourront compter sur les outils bientôt mis à leur disposition (guide, webinaire…).
Arrêté du 4 mai 2026
Propos recueillis par Gladys Lepasteur
Publié dans le magazine Direction[s] N° 254 - juillet 2026