Quand les 1,2 million d'agents de l’hospitalière bénéficieront-ils, eux aussi, d’une complémentaire santé prise en charge pour moitié par leurs employeurs ? Pas avant 2028, à en croire le projet de budget de la Sécurité sociale[1], repoussant de douze mois l’échéance fixée l’an dernier par le Parlement – laquelle avait déjà fait l’objet d’autres tentatives de reports… Pour le Gouvernement, l’idée est de « tenir compte de la poursuite des négociations en cours » et « des délais de mise en œuvre (passation de marché, sélection des organismes, déploiement des contrats collectifs…) ».
Dispositif transitoire
Après une phase intensive début 2026, les travaux ont pourtant repris à l’automne après avoir été mis sur pause faute de cadrage. Le fruit d’une « stratégie gouvernementale d’échec programmé des négociations pour satisfaire aux exigences budgétaires ? », s’interrogeait en juin la CFDT santé-sociaux. Pourtant, le temps presse. « Il faut que ce dossier aboutisse, car nous sommes le dernier secteur à ne pas en bénéficier », rappelle Rodolphe Soulié, responsable du pôle Ressources humaines (RH) de la Fédération hospitalière de France (FHF). Or, « plus le retard s’accumule et plus cela pèse sur l’attractivité ». Étape incontournable avant la mise en œuvre ? Le dispositif devra être validé par un accord majoritaire des partenaires sociaux, rappelle la FHF.
En attendant, un versement forfaitaire pourrait être mis en place l’an prochain pour permettre une participation. « La mesure ne peut se faire au détriment de la viabilité des établissements, compte tenu de leur situation budgétaire, prévient toutefois Rodolphe Soulié. Il n’est pas envisageable d’ajouter le coût d’une protection sociale complémentaire à des coûts RH que l’inspection générale Igas estime déjà à 1,7 milliard d’euros. »
[1] Examiné à l’Assemblée depuis début octobre.
Gladys Lepasteur
Publié dans le magazine Direction[s] N° 257 - novembre 2026